logo FGA

1919
Naissance de Pierre Soulages le 24 décembre à Rodez, France.


1925
Très tôt sensible au contraste du noir, il peint un paysage de neige avec de l’encre de Chine pour révéler la blancheur du papier.


1934
Des reproductions de lavis de Claude Lorrain et de Rembrandt le marquent profondément : il retient la dilution des taches d’encre créant une lumière particulière chez le premier, la force et le rythme des coups de pinceaux qui illuminent par contraste le blanc du papier chez le second. Il réalise ses premières peintures.


1937
Il découvre l’art préhistorique et pariétal qui fait largement usage de pigments noirs (noir de charbon végétal et animal, pyrolusite). Il considérera par la suite le noir comme la couleur originelle de la peinture.


1946
Il rompt définitivement avec toute représentation et crée ses premiers tableaux abstraits.
Il applique du brou de noix sur du papier, achète des brosses et des spatules de peintre en bâtiment qu’il détourne de leur fonction initiale afin de se forger une liberté technique nouvelle.


1947
Ses tableaux, dominés par des couleurs sombres, se distinguent de la scène artistique française. Leur composition s’établit sur un fond clair, si bien que la lumière semble contenue dans l’oeuvre elle-même.


1960-1970
Il recouvre la surface de la toile de larges aplats noirs qui, par frottement ou raclage, révèlent la présence de blanc ou encore d’ocre, de bleu ou de rouge appliqués préalablement. Il cherche ainsi à explorer la capacité du noir à illuminer, par contraste, la ou les couleurs qu’il souligne ou laisse deviner.


1979
Un tournant majeur s’opère dans son oeuvre : il peint des toiles entièrement noires afin d’annuler l’opposition entre forme et fond et de produire des jeux de lumière en fonction des états de surface de la couche picturale. S’ouvre ainsi la période qu’il a lui-même qualifiée de « noir lumière », puis d’« outrenoir » dès 1990. Les peintures qui en résultent constituent autant d’expériences de la lumière, envisagée comme une matière.


1984-1987
Il entreprend la réalisation de polyptyques monumentaux qui introduisent une discontinuité supplémentaire dans la surface : celle des châssis. Leur format impose un déplacement du spectateur, associé au renouvellement de son point de vue.


1987
Il reçoit la commande publique des vitraux de Sainte-Foy de Conques, abbatiale qui l’avait tant marqué dans son enfance. Leur réalisation s’étend sur huit ans, constituant l’un de ses plus importants champs d’expérimentation. Il fait créer un verre translucide et incolore qui permet la transmission diffuse de la lumière en respectant son spectre changeant.


2004
Il abandonne l’huile au profit exclusif de l’acrylique. Cette technique a l’avantage d’un séchage rapide, permet de varier les épaisseurs de la couche picturale et de décliner la couleur noire selon une multitude de nuances.


2014
Inauguration du Musée Soulages à Rodez, institution qui abrite la plus grande collection d’oeuvres du peintre.

Ce que j’explore depuis plusieurs années est, pour une grande part, fondé sur la qualité particulière, l’éclat spécifique de la lumière réfléchie sur la toile, venant au-devant d’elle et transmutée par l’état de surface et le noir qui la renvoie.

Pierre Soulages

Thierry Raspail et Thierry Prat (dir.), « L’Amour de l’art », repris in L’Amour de l’art. Une exposition de l’art contemporain en France (cat. expo. Lyon, Biennale d'art contemporain, 3 september - 13 octobre 1991), Lyon, Musée d’art contemporain, 1991, p. 7.